Jeffrey Grice : Events : Performances : Reviews : November 27 1987

Le pianiste Jeffrey Grice: Un jeune talent à suivre de près

jeff13a.jpg (48736 bytes)Le pianiste Jeffrey Grice: Un jeune talent à suivre de près.


Jeffrey Grice était. jeudi soir, le premier invité de la nouvelle série da concerts intitulée « Jeunes Talents de la fondation » qui, comme devait l'expliquer M. Laffon, directeur de la fondation Sophia-Antipolis, a pour but de faire découvrir aux mélomanes sophipolitains des artistes pas encore médiatisés.

Né en Nouvelle -Zelande, Jeffrey Grice a decroché une bourse pour étudier à l'Ecole normale de musique de Paris dans la classe de Germaine Mounier, aprés quoi il est parti en Israël suivre les enseignements d' Enrique Barenboim, pére de Daniel. A présent établi en France, il a fondé avec Dominique de Williencourt et Christophe Poiget le trio Gabriel, mais c'est en soliste qu'il s'est presenté l'autre soir dans le grand amphithéâtre du C.E.R.A.M.

Jeffrey Grice avait inscrit au programme de son récital sophipolitain un de ces morceaux de bravoure qui font les délices des grands équilibristes du clavier, les Kreisleriana de Schumann.

Lorsqu'on a en mémoire les Kreisleriana fracassantes d'Horowitz, on est un peu surpris par la delicatesse du toucher de Jeffrey Grice. l'extréme finesse de son doigté, et ses grâces affectées qui confèrent à cette ceuvre présageant les tragiques marches funèbres de Mahler, une couleur inhabituelle. Aucune dureté, aucune pesanteur. Jeffrey Grice se garde de jouer sur l'epaisseur du son et de cogner comme une brute ! Mais son apprente douceur n'implique ni mièvrerie, ni maniérisme exagéré, ni onctuosité dans lequelle on s'enlise.  Attentif avant tout à la valeur melodique du trait, dosant avec subtilité la dynamique et le tempo, il nous livre un Schumann qui n'a rien de lourdaud, mais qui chante et qui convainc.

La suite du programme est consacrée à Chopin, Scherzo no. 4, études, impromptus, 4° ballade et trois mazurkas en do diése mineur miniatures à la difficulté démoniaque, qui offrent à l'interpréte un terrain idéal pour faire valoir la maîtrise de sa technique et un sens étonant, parfois même déroutant, de l'articulation et du rubato.

Plein d'imagination, Jeffrey Grice prend un malin plaisir à soupoudrer son jeu d'une note d'incertitude qui tient le public constamment en haleine : les notes arrivent, comme par magie, et l'auditoire ne peut être que séduit par les méandres imprévisibles de ce jeune pianiste: son jeu tout en couleurs imprégné d'une charmante poésie.

- D.M. in Nice Matin
November 27 1987

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